Leur fenêtre s’ouvre sur un « nid » de faucons crécerelles
À Aydat, dans le Puy-de-Dôme, les Laumonier ont installé une fenêtre équipée d'une vitre sans tain pour observer un couple de faucons crécerelles nicher dans leur grenier.
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Levez les yeux de ces lignes quelques instants pour les porter sur la fenêtre la plus proche. Que voyez-vous ? Un parking, du béton, le voisin d’en face pour les moins chanceux. Ou mieux : un arbre, une haie, un beau paysage peut-être. Chez les Laumonier, à Aydat, petite commune au cœur du Parc naturel régional des volcans d’Auvergne, la fenêtre donne sur Cacahuète et Noix de cajou… un couple de faucons crécerelles en train de couver ses sept œufs. Et oui : Mickaël, le papa et ses fils Clément, 10 ans, et Raphaël, 8 ans et demi, vivent depuis quelques années en colocation avec des rapaces. « Ils sont installés dans une petite lucarne abandonnée sur le pignon de la maison, à 6 ou 7 mètres de hauteur, côté est », explique le père de famille, enseignant-chercheur en géologie à l’Université Clermont Auvergne.
Accessible depuis le grenier de la maison, la lucarne en question avait été murée avant l’emménagement des Laumonier, il y a quatre ans. C’est donc depuis ses espaces extérieurs que le trio a d’abord constaté l’installation, deux années de suite, d’un couple de faucons. Ornithologue amateur et membre du groupe local Chaîne des Puys de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Mickaël a ensuite entrepris des travaux dans le fameux grenier. Il perce d’abord le mur pour y installer une vitre sans tain, lui permettant de voir le nid sans être vu des oiseaux. « Cette année, papa a fait une vitre un peu mieux », s’empresse de préciser Raphaël, complété par le principal intéressé. « La vitre a très vite été salie par les déjections des petits. Alors, cette année, j’ai installé une fenêtre, qu’on peut ouvrir en fin de saison pour nettoyer. »
Une vue imprenable
Invisibles derrière leur fine couche de verre, Mickaël, Clément et Raphaël sont ainsi à nouveau aux premières loges pour observer leurs colocataires de printemps. « Papa y va au moins tous les matins », dénonce Clément. Raphaël plutôt tous les deux jours, selon ses propres estimations. Qu’ont-ils pu observer de leur poste privilégié ? « Cette année, on a vu deux fois le mâle couver, alors que l’an passé, il approvisionnait le nid, mais était interdit d’accéder aux œufs. La femelle était très agressive. On ne sait d’ailleurs pas s’il s’agit du même couple ou non », analyse le père.
Et les trois spectateurs de lister leurs observations, se remémorant la violence avec laquelle la femelle arrache la nourriture du bec du mâle, la maladresse des oisillons ou la vitesse à laquelle ils grandissent. De la taille d’une pièce de deux euros à la naissance, selon les estimations du trio, jusqu’à devenir « grands comme notre boîte à compost », image Raphaël, soit une trentaine de centimètres, au moment de l’envol. « On les entend aussi souvent quand on part pour l’école le matin, et on les voit dans les arbres en face du nid le soir, quand on rentre », complète le cadet.
Plutôt foot et handball
Les deux enfants parlent-ils de leurs observations hors du commun à l’école ? « On l’a dit à nos copains, mais ils s’en fichent un peu. Ils pensent plutôt au foot », analyse Clément. « Et au handball », complète son frère, lui-même handballeur, tout comme son aîné.
De son côté, Mickaël dit partager ses étonnements avec les membres de son groupe LPO ainsi qu’avec son voisin, lui-même naturaliste. Le père de famille, déjà très sensible au vivant avant l’installation des faucons, confie désormais se montrer plus attentif aux loges et autres nids qu’il croise lors de promenades régulières en compagnie de ses enfants. « J’ai grandi dans une petite commune en Bretagne. Pour moi, m’installer en ville n’aurait pas été possible, ce n’était pas non plus en adéquation avec l’éducation que je souhaitais pour mes enfants. Les faucons n’ont rien changé à cela, mais représentent plutôt un symbole de notre fonctionnement. On se pose des questions, on observe la nature. »
Prochaine observation au programme : la naissance des oisillons, que la famille avait manquée l’année passée. Et le traditionnel atelier de prénoms. Après Cacahuète et Noix de cajou naitront certainement bientôt Noix de pécan, Pistache ou Noisette !
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