En images, l’envol du faucon crécerelle

Alors que l’automne rougit la campagne, le photographe Benoît Renevey côtoie l’intimité du faucon crécerelle. Des images à retrouver dans notre livre Le faucon de l’espoir.

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L’envol du faucon crécerelle photographié par Benoît Renevey
Faucon crécerelle sur une aubépine Campagne vaudoise, le 10 septembre 2019 à 07 h 36. / © Benoît Renevey

Pour le photographe naturaliste, c’est une saison d’abondance. Après les lumières et les températures écrasantes de l’été, quel bonheur de retrouver les couleurs somptueuses, les brumes mystérieuses et la fraîcheur vivifiante.

L’envol du faucon crécerelle photographié par Benoît Renevey
Faucon crécerelle dépeçant sa proie / © Benoît Renevey

Animé d’un bel élan, j’ai hâte de sortir ce matin. J’espère revoir le faucon crécerelle repéré ces derniers jours dans une haie, en quête de campagnols à se mettre sous le bec. Je m’installe incognito dans mon affût, avant le lever du jour. L’oiseau arrive alors que je suis à peine en place. Sa silhouette au sommet d’une aubépine en fruits se découpe en ombre chinoise sur l’horizon qui commence à rougir. Clic ! Premières images !

Renard roux
Renard roux / © Benoît Renevey

La luminosité augmente rapidement, mais le petit rapace restera-t-il assez longtemps pour être immortalisé dans la clarté du levant, parmi les baies rouges ? J’évite tout bruit, tout mouvement brusque, pour ne pas l’effrayer. Confiant, il attend là jusqu’à ce que l’aurore lui permette de repérer sa proie. Tout à coup, l’oiseau plonge avec détermination dans l’herbe rase au pied de la haie. Je ne vois pas si le faucon, en partie caché, a réussi son coup. Il ne s’envole pas tout de suite, c’est bon signe : le petit déjeuner est servi ! Quelques minutes plus tard, il avale tout rond le reste de son festin.

Pouillot véloce
Pouillot véloce / © Benoît Renevey

Après son départ au loin, j’examine la haie : églantiers, aubépines, sureaux, troènes et viornes sont chargés de fruits.

Cette abondance n’a pas échappé aux oiseaux migrateurs de passage dans la région. Après une nuit de vol plein sud, il est temps pour eux de reprendre des forces. De ma cache, j’observe fauvettes, rougequeues à front blanc, pouillots véloces et bien d’autres espèces gober par dizaines les petites baies colorées. Ils vont festoyer ainsi quelques jours et reconstituer des réserves de graisse nécessaires pour couvrir la longue distance qui les sépare de leurs quartiers d’hiver. Cette manne essentielle profite également aux mammifères : renards, loirs et muscardins attendent la nuit pour s’en délecter en toute discrétion.

Rougequeue à front blanc
Rougequeue à front blanc / © Benoît Renevey

Je suis vite tiré de mes pensées par madame faucon qui vient à nouveau se poser sur l’aubépine. Elle se tient immobile plusieurs minutes avant de reprendre son envol. J’avais anticipé en faisant la mise au point sur l’œil de l’oiseau et il n’y a plus qu’à déclencher. Trois images rapides et il est déjà hors du cadre.

Je découvre sur les images que le rapace porte une bague issue d’un programme de suivi. Une heureuse opportunité pour moi : je pourrai l’identifier ! Et s’il quitte la région cet hiver, j’aurai ainsi une chance de le reconnaître à son retour.

L’envol du faucon crécerelle photographié par Benoît Renevey
Crécerelle avalant un rongeur / © Benoît Renevey

D’ici et d’ailleurs

En automne, une partie des crécerelles part vers des contrées plus méridionales. Ce comportement migrateur, courant chez les faucons du nord de l’Europe, est bien moins marqué dans nos régions. Les individus que l’on observe ici l’hiver sont soit des oiseaux sédentaires, soit des visiteurs nordiques. En cas de froid et de couverture neigeuse prolongés, les micromammifères qui constituent l’essentiel du régime alimentaire du petit faucon ne sont plus accessibles. Il peut alors capturer des passereaux, sans grand succès. Affamés, les individus fuient vers le sud. Trop affaiblis, certains d’entre eux périssent. Si l’environnement est sain, ces pertes sont facilement compensées.

L’envol du faucon crécerelle photographié par Benoît Renevey

Benoît Renevey

Passionné d’ornithologie depuis son enfance, Benoît Renevey est photographe professionnel depuis 27 ans.
Installé dans le canton de Vaud, il a longtemps été directeur adjoint du Centre Pro Natura de Champ-Pittet.

Couverture de La Salamandre n°272

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 272  Octobre - novembre 2022, article initialement paru sous le titre "L’envol de la crécerelle"

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