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Un serpent ! Sauve qui peut ?
Le bluff de la couleuvre pour échapper aux prédateurs
Serpent non venimeux, la couleuvre n’en est pas pour autant moins inventive. Voici ses parades.
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La couleuvre à collier possède bien une glande à venin, mais pas de crochets pour injecter le poison ! La sécrétion ne lui sert qu’à digérer ses proies. Et en plus elle ne mord quasiment jamais ! Face aux prédateurs, reste la fuite ou la ruse.
L’art de la fuite
Car les avaleurs de couleuvres sont légion : renard, blaireau, putois, héron, buse variable et autres rapaces, sans compter les animaux de basse-cour. Les couleuvreaux doivent aussi se méfier des chats, et encore des gros carabes, des grenouilles rieuses et des poissons carnassiers. Face à tous ces appétits voraces, la première arme, c’est la fuite.
La position du cobra
Dans la plupart des cas, le serpent va chercher à filer en douce. Sa capacité à détecter les mouvements et son ouïe sensible aux vibrations du sol lui permettent généralement de repérer l’ennemi à temps. Mais, acculée, la couleuvre change de méthode. Elle s’enroule, souffle bruyamment et gonfle son corps. Elle aplatit sa tête pour lui donner une forme de triangle, réflexe malheureux face à l’homme, qui la prend alors pour une vipère.
Autre attitude aussi typique que spectaculaire : la position du cobra. Tête dressée, le serpent fait mine d’attaquer. Le plus souvent la gueule fermée. Il est très rare qu’il morde. Si l’esbroufe paye, la couleuvre s’éloigne alors, la partie avant du corps dressée et gonflée. Mais si l’adversaire ne se laisse pas impressionner, elle lui réserve encore d’autres surprises.
La mort feinte
Si une couleuvre est saisie par un prédateur, elle libère un liquide jaunâtre et pestilentiel, mélange d’excréments et de sécrétions des glandes cloacales. Et de se tortiller dans tous les sens, histoire d’asperger le malotru ! Cela ne suffit pas ? Reste la botte secrète. Subitement, le reptile devient flasque, gueule ouverte, ventre en l’air. Il fait le mort pour déconcerter l’adversaire avant de s’enfuir. Hélas, toutes ces ruses sont dérisoires face au principal danger qui la guette : la transformation des paysages par l’homme, trafic routier et agriculture intensive en tête. Un triste exemple parmi d’autres? Sur les 8 femelles suivies à la trace dans le Seeland (voir notre article), 5 ont été tuées durant l’étude par un engin agricole et seulement une par un prédateur !
La mue, étape délicate
Une couleuvre adulte change de peau 2 à 3 fois par an. Une semaine avant la mue, l’œil devient bleuté et opaque, par infiltration de liquide lymphatique entre la nouvelle et l’ancienne peau. En partie aveugle, l’animal est plus vulnérable.
Sur la mauvaise pente
La disparition des zones humides, pourvoyeuses en grenouilles et crapauds, et la correction des cours d’eau contribuent pour beaucoup à la régression de la couleuvre à collier. Tout comme la diminution des zones d’insolation par boisement ou urbanisation et le manque de sites de ponte.
A l’échelle européenne, le « serpent d’herbe », comme l’appellent les anglophones, perd rapidement du terrain. En Suisse, la plupart des populations ne survivent plus que dans les réserves naturelles. La France offre davantage d’habitats favorables, mais la disparition de nombreuses mares-abreuvoirs a fragilisé l’espèce.
Retrouvez la totalité du dossier consacré à la couleuvre à collier : Un serpent ! Sauve qui peut ?
Pourquoi les reptiles aiment-ils prendre le soleil ? Explications de Jean Muratet, herpétologue.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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