Antoine Lavorel : « Le chat sauvage, c’est un peu la lumière à l’horizon »
Le jeune naturaliste de 22 ans vient de lancer une campagne de financement participatif pour lui permettre de réaliser, avec La Salamandre, une série documentaire en quatre épisodes sur les traces du chat sauvage. Interview.
Le jeune naturaliste de 22 ans vient de lancer une campagne de financement participatif pour lui permettre de réaliser, avec La Salamandre, une série documentaire en quatre épisodes sur les traces du chat sauvage. Interview.
« Tu ne m’entends pas très bien ? Attends, je vais sortir de la cabane, je me mets dans un affût ! » On aurait été surpris de cueillir Antoine Lavorel ailleurs qu’en pleine nature. C’est là, dans le froid de janvier, que le naturaliste de 22 ans a pris quelques minutes pour évoquer son dernier projet. Le plus gros de sa vie, à lire le titre de la page Ulule qui doit l’aider à réunir les fonds nécessaires pour le mener à bien. Le projet en question : un documentaire en 4 épisodes consacré au chat sauvage, produit par La Salamandre et diffusé en exclusivité sur Salamandre TV dès novembre 2026. Près d’une heure d’images qui constitueront une première pour celui qui a davantage l’habitude des formats courts et verticaux imposés par les réseaux sociaux, sur lesquels il cumule plusieurs dizaines de milliers d’abonnés. « Oh, un pic épeichette, on en voit pas souvent ! », s’interrompt-il. On devine un sourire et un regard émerveillé à l’autre bout du téléphone. Les mêmes, certainement, qu’il arborera lorsqu’il filmera le chat sylvestre. S’il parvient à le filmer.
Comment ce projet d’un documentaire en quatre épisodes sur le chat sauvage est né ?
Au départ, c’est Julien ( Perrot, fondateur de La Salamandre, NDLR. ) qui m’a proposé de me lancer sur un format de série réalisé en exclusivité pour Salamandre TV. Ça fait un peu moins de deux ans que je me filme dans des formats courts, et il m’imaginait bien dans une réalisation plus longue, dans lequel j’aurais la possibilité de raconter davantage de choses.
N’est-ce pas un peu effrayant de plonger de cette manière dans l’inconnu ?
J’appréhende un peu, franchement, mais je suis bien entouré. Je ne serai pas seul pour le montage ou l’étalonnage. Ce projet, c’est un gros défi, le plus ambitieux de ceux que j’ai menés jusqu’à maintenant. La grosse incertitude, ça reste les deux semaines de tournage.
Deux semaines de terrain et pas un jour de plus : c’est justement l’une des particularités du projet.
Oui, je vais charger mon vélo et partir avec tout ce qu’il me faut dans les forêts du Jura. Je me filmerai seul et je ferai toutes mes images durant ces deux semaines. J’ai envie de proposer une immersion, de ramener une part d’humain dans le documentaire, un côté aventure intrigant et intéressant pour les gens. Ça permettra de se rendre compte des réalités du terrain, sans non plus me la jouer « Mike Horn ».
A voir: La minute nature consacrée au chat sauvage
Es-tu certain de voir le chat sauvage ?
Il existe dans le Jura certaines zones où on sait que le chat sauvage est présent. Mais, moi, j’ai plutôt envie d’aller dans des endroits encore peu anthropisés. Là-bas, j’aurai moins de garanties de le voir. Le chat sauvage, c’est un peu la lumière à l’horizon, mais le chemin est aussi intéressant que l’aboutissement. On montrera peut-être du rouge-gorge, de l’hermine et toutes les autres bêtes que j’aurai l’occasion de croiser.
A quand remonte cet intérêt pour le chat sauvage ?
Il me fascine depuis longtemps. C’est un animal qui rôde dans les prairies du Jura, au-dessus de chez moi, mais on ne le voit quasiment jamais. C’est une sorte de fantôme. La première fois que je l’ai aperçu, je devais avoir 14 ou 15 ans, dans un pâturage. Cette année-là, j’avais passé mon hiver, après l’école, à aller le guetter, notamment un gros matou bagarreur qui était borgne. Au moment de réfléchir à cette série, on s’est dit que c’était le bon animal, le meilleur choix pour réaliser cette quête dont j’avais envie. On imaginait aussi qu’il y aurait un intérêt de la part du public.
La quête du chat sauvage est exigeante, accessible uniquement aux naturalistes confirmés. Et pour les amateurs qui aimeraient tout de même se connecter au vivant, quel serait ton conseil d'affût pour cet hiver ?
La première idée qui me vient en tête, c’est le merle. C’est génial de placer des pommes pourries dans son jardin et d’observer les interactions entre les oiseaux. J’ai passé un temps fou à faire ça ces dernières semaines. Pas besoin de bêtes rarissimes, un merle suffit parfois à s’émerveiller !
Soutenez la réalisation la première série long format d'Antoine Lavorel
Sur les crêtes du Jura suisse, Antoine Lavorel se lance dans une quête à vélo et à pied avec un but précis : approcher le discret chat sauvage et tenter de capturer l’image qu'il porte en lui depuis des années : celle d’un face-à-face rare avec le mystérieux félin, sans le déranger.
Au fil de quatre épisodes de 15 à 20 minutes, il vous emmène en immersion profonde dans la forêt jurassienne où il a grandi. Bivouacs sous les étoiles, affûts, doutes, espoirs et rencontres bouleversantes avec la faune de ce territoire préservé ponctueront cette aventure.
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